Lire un CBCT : méthodologie pas à pas pour l’omnipraticien

L’interprétation d’un examen CBCT nécessite une méthodologie rigoureuse. Ce guide vous propose une approche systématique pour ne rien manquer lors de votre lecture.

Pourquoi une méthode systématique ?

Le Dr Yves Ponchet, chirurgien-dentiste spécialisé en imagerie dento-maxillaire dans la  formation Blendi rappelle l’importance d’une lecture structurée : « Quelle est la méthode idéale pour étudier les images obtenues, comment discerner une lésion banale d’une autre inquiétante ? »

Une lecture anarchique expose au risque de passer à côté d’une pathologie fortuite mais significative.

Étape 1 : Vérification de la qualité de l’acquisition

  • Absence d’artefacts cinétiques (flou de mouvement)
  • Absence d’artefacts métalliques gênants
  • Champ couvrant la zone d’intérêt
  • Résolution adaptée à la question clinique

Si la qualité est insuffisante, envisagez une nouvelle acquisition plutôt qu’une interprétation hasardeuse.

Étape 2 : Les trois plans de coupe

Le CBCT offre trois plans de reconstruction :

Plan axial : Vue de dessus, comme un scanner médical. Idéal pour évaluer l’épaisseur vestibulo-linguale.

Plan coronal (frontal) : Vue de face. Permet d’apprécier la hauteur osseuse et les rapports avec le sinus.

Plan sagittal : Vue de profil. Utile pour les rapports antéro-postérieurs.

Naviguez systématiquement dans les trois plans pour chaque structure analysée.

Étape 3 : Lecture de la zone d’intérêt

  • En implantologie : volume osseux disponible, obstacles anatomiques
  • En endodontie : anatomie canalaire, lésions péri-apicales
  • En chirurgie : rapports avec le nerf, extensions lésionnelles
  • Hauteur osseuse disponible
  • Épaisseur de crête
  • Distance aux structures nobles

Étape 4 : Lecture systématique péri-lésionnelle

  • Dents adjacentes
  • Structures osseuses voisines
  • Articulation temporo-mandibulaire si visible
  • Sinus maxillaires

Étape 5 : Structures à ne pas oublier

Sinus maxillaires : Recherchez opacités, épaississement muqueux, présence de l’ostium.

Canal mandibulaire : Tracez son parcours, notez les rapports avec les apex.

Fosses nasales : Déviation septale, état des cornets.

ATM (si visible) : Morphologie condylienne, espace articulaire.

Les pièges à éviter

Artefacts métalliques : « Le CBCT va créer des artefacts qui vont donner l’illusion de caries partout autour des éléments métalliques », prévient le Dr Yves Ponchet.

Confusion kyste/granulome : Seule l’histologie permet de trancher.

Surestimation des lésions : Les reconstructions peuvent amplifier visuellement certaines images.

 

Rédaction du compte-rendu

Le compte-rendu est obligatoire et doit comporter :

  1. Informations techniques : Type d’appareil, champ, voxel, dose (DAP)
  2. Contexte clinique : Indication de l’examen
  3. Description des trouvailles : Systématique et objective
  4. Conclusion : Réponse à la question clinique
  5. Recommandations éventuelles

Conclusion

Une lecture méthodique du CBCT garantit une interprétation complète et fiable. La formation continue est essentielle pour maintenir ses compétences en imagerie sectionnelle.

La formation CBCT de Blendi propose une méthodologie détaillée avec de nombreux cas cliniques commentés pour perfectionner votre lecture.

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Article rédigé à partir des formations disponibles sur blendi.fr

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