L’optimisation de la dose de rayonnement est une préoccupation majeure en imagerie dentaire. Voici les stratégies concrètes pour réduire l’exposition de vos patients tout en maintenant une qualité diagnostique optimale.
Le principe d’optimisation ALARA
Le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) guide toute pratique en imagerie. Il s’agit d’obtenir l’information diagnostique nécessaire avec la dose la plus faible possible.
Comme le souligne le Dr Yves Ponchet, chirurgien-dentiste spécialisé en imagerie dento-maxillaire dans la formation Blendi : « L’optimisation, c’est évaluer le bénéfice-risque pour toutes ces acquisitions. Il faut vraiment à chaque fois se poser cette question : Est-ce que j’ai un bénéfice à apporter à mon patient avec ce Cone Beam ? »
Le choix du champ : premier levier de réduction
Le champ d’acquisition est le premier paramètre à optimiser. Le Dr Yves Ponchet insiste : « Le petit champ est mon meilleur ami. »
- Petit champ 4×4 : environ 200 mGy.cm² (équivalent à une panoramique)
- Champ moyen 8×8 : environ 619 mGy.cm²
- Grand champ 15×12 et plus : dose significativement plus élevée
- Plus vous diminuez la dose envoyée au patient
- Plus vous augmentez la précision de l’image
- Plus vous réduisez le nombre d’images à analyser (et votre responsabilité)
Adapter le champ à l’indication clinique
Exemples pratiques tirés de la formation Blendi :
Pour une fracture suspectée sur une incisive : Petit champ (4×4), petit voxel, dose augmentée si nécessaire. Le bénéfice-risque justifie cette précision maximale.
Pour un implant unitaire en secteur 46-47 : Champ moyen (8×5) qui apporte toute la hauteur mandibulaire nécessaire.
Pour un implant maxillaire postérieur : Champ 8×8 permettant de visualiser le sinus jusqu’au méat.
Pour une réhabilitation complète bi-maxillaire : Seul cas justifiant un grand champ (15×12).
Le choix du voxel
- 80-125 microns : Haute résolution pour l’endodontie, les fractures
- 200 microns : Suffisant pour l’implantologie
- Plus de 300 microns : Perte de précision diagnostique
« Si vous voulez voir quelque chose de très précis, une fêlure, une petite fracture, un MV2, vous allez devoir choisir le voxel le plus petit disponible sur votre machine », précise Le Dr Yves Ponchet.
La rotation partielle vs complète
- Réduire les artefacts métalliques
- Améliorer la qualité d’image dans certains cas
La contrepartie : durée d’acquisition doublée et risque accru d’artefacts cinétiques.
Réduire les artefacts cinétiques
Les artefacts cinétiques dégradent l’image et peuvent nécessiter une nouvelle acquisition. Le Dr Yves Ponchet rappelle : « Les artefacts cinétiques, c’est en gros 80% de ma faute s’il y en a. »
- Bien informer et motiver le patient
- Stabiliser correctement la tête
- Privilégier les rotations courtes chez les patients fragiles
- Éviter les rotations complètes chez les personnes âgées
Conclusion
La réduction de la dose passe essentiellement par un choix raisonné des paramètres d’acquisition. Le petit champ, utilisé à bon escient, permet d’obtenir des images de qualité diagnostique optimale avec une irradiation minimale.
La formation CBCT de Blendi approfondit ces concepts avec de nombreux cas cliniques illustrés.
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Article rédigé à partir des formations disponibles sur blendi.fr