Artefacts en Cone Beam : les identifier et les éviter

Les artefacts constituent l’un des principaux défis de l’imagerie CBCT. Savoir les identifier et les prévenir est essentiel pour une interprétation fiable.

Définition et enjeux

Un artefact est une anomalie de l’image qui ne correspond pas à la réalité anatomique. Il peut masquer une lésion ou simuler une pathologie inexistante.

Le Dr Yves Ponchet, chirurgien-dentiste spécialisé en imagerie dento-maxillaire dans la  formation Blendi identifie plusieurs types d’artefacts comme un « inconvénient vraiment important du Cone Beam ».

Les artefacts métalliques

Les artefacts métalliques sont les plus fréquents en pratique dentaire. Ils se manifestent par des traînées blanches (hyper-denses) et noires (hypo-denses) autour des éléments métalliques.

  • Couronnes métalliques ou céramo-métalliques
  • Implants en titane
  • Amalgames
  • Matériel orthodontique
  • Pivots métalliques

Impact clinique : « Le CBCT va créer des artefacts qui vont donner l’illusion de caries partout autour », explique lle Dr Yves Ponchet. La cariologie est donc une contre-indication au CBCT chez les patients porteurs de restaurations métalliques.

  • Rotation 360° plutôt que 180° (améliore la compensation)
  • Choix d’un appareil avec algorithmes de réduction des artefacts
  • Retrait temporaire des éléments amovibles (prothèses, appareils orthodontiques)

Les artefacts cinétiques

Les artefacts cinétiques résultent du mouvement du patient pendant l’acquisition.

Le Dr Yves Ponchet  est catégorique : « Les artefacts cinétiques, c’est en gros 80% de ma faute s’il y en a. »

  • Image floue
  • Dédoublement des structures
  • Perte de netteté des contours
  • Information et motivation du patient avant l’acquisition
  • Stabilisation correcte de la tête
  • Durée d’acquisition la plus courte possible
  • Éviter les rotations complètes chez les patients fragiles ou âgés

« Une rotation qui fait entre 10 et 15 secondes, le patient a la capacité de bouger si vous ne l’empêchez pas de bouger », rappelle la formation.

Le bruit

Le bruit apparaît comme un aspect granuleux ou piqué de l’image.

Le Dr Yves Ponchet  explique : « Le bruit apparaît  parce qu’on a diminué la dose en diminuant le champ, et on a diminué le voxel. »

Ce phénomène est une contrepartie normale de l’optimisation dosimétrique. Il n’est pas toujours gênant mais peut l’être pour des diagnostics fins (endodontie).

Solution : Augmenter la dose (mode “endo” sur certains appareils) quand la précision l’exige.

Avancées technologiques

Les machines récentes proposent des algorithmes de réduction des artefacts métalliques (MAR) de plus en plus performants.

La formation Blendi note : « Aujourd’hui, on arrive un petit peu à contrer les artefacts métalliques. Les machines progressent et permettent des images qu’on n’aurait jamais pensé voir il y a 15 ans. »

Conduite à tenir

  1. Anticipez les artefacts prévisibles avant l’acquisition
  2. Adaptez vos paramètres en conséquence
  3. Si un artefact gêne l’interprétation, envisagez une nouvelle acquisition avec des paramètres modifiés
  4. Mentionnez les artefacts dans votre compte-rendu et leur impact potentiel sur l’interprétation

 

Conclusion

La gestion des artefacts est une compétence essentielle pour tout utilisateur de CBCT. Une bonne anticipation et une technique d’acquisition rigoureuse permettent de les minimiser significativement.

La formation CBCT de Blendi approfondit ces notions avec des cas cliniques illustrant les différents types d’artefacts et leur gestion.

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Article rédigé à partir des formations disponibles sur blendi.fr

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